28/06/2007

DRUUNA | MORBUS GRAVIS (tome 1) (Paolo Eleuteri Serpieri - 1986)

Bagheera - 64 pages 
18/20   La Belle et la Bête 

    Dès la première page, le ton est donné : ambiance glauque, morbide. Couleur à la fois sombres et fortes, bulles bien fournies.
Bienvenue dans l'univers de science-fiction du dessinateur et scénariste Paolo Eleuteri Serpieri. Ce maître italien, né en 46, a suivi des études de peinture et d'architecture à Rome et est devenu lui-même professeur. Après avoir illustré dans des magazines italiens et dans le Larousse l'univers du Far West, thème lui étant très cher, Serpieri a créé dans les années 80 la série Druuna.
Autant avertir tout de suite, les dessins font part large à l'érotisme qui devient de plus en plus cru au fil des albums. Mais il n'y a pas que ça, loin de là. Le graphisme est somptueux, les personnages variés, l'imagination fertile.

  Le symbolisme intéressant dans cette série est le contraste entre la beauté et la monstruosité, la référence au thème de La Belle et la Bête. En effet, Druuna, belle brune plantureuse évolue dans un monde ravagé par des mutants. Toute personne saine doit se prémunir d'une éventuelle contamination en récupérant des doses de sérum auprès des autorités. Druuna n'hésite pas à jouer de ses charmes pour en obtenir également pour son ami, Shastar, malheureusement contaminé.
Dans cet album, le lecteur découvre également que ce monde est gouverné par des êtres horribles vêtus d'une cape noire et prêchant la bonne parole. On peut voir là une critique du pouvoir religieux qui interdit le culte de la beauté corporelle et rend tabou la luxuriance de l'amour charnel.

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