28/06/2007

LA BRÈCHE (Christophe Lambert - 2005)

Fleuve Noir - 210 pages 
14/20   Pour les amateurs d'uchronie 

    Comment résister à une si belle couverture !? Le talent de Manchu (illustre dessinateur de mondes imaginaires) aura forcément participé au succès du livre. Outre le réalisme du dessin, la scène exposée interpelle : une plage de Normandie, un blockhaus, un officier allemand et... Un robot armé semblant tout droit sorti d'un futur éloigné.
C'est au difficile exercice de l'uchronie (on prend une date de l'histoire et on imagine ce qu'il se serait passé si tel événement ne s'était pas déroulé comme en réalité) que se livre le jeune auteur français Christophe Lambert (à ne pas confondre avec son homonyme du cinéma). Une uchronie qui prend pour explication un voyage dans le temps, thème ô combien passionnant. Mais thème très prise de tête aussi !
Le présent de l'histoire se déroule en 2060 et le voyage dans le temps est maîtrisé par les militaires. La télé-réalité est de plus en plus perverse et le nouveau show consiste à remonter le temps pour filmer des événements trashs du passé (la mort de Kennedy par exemple).
La loi de l'audimat régnant sur l'éthique, c'est le débarquement de Normandie que se propose de suivre l'équipe de l'émission. Bien sûr, les voyageurs du temps doivent respecter un système de règles ayant pour but de ne pas modifier le cours des événements. On devine aisément que ces règles vont être involontairement transgressées.
Un historien et un reporter de guerre acceptent la mission et sont débarqués le 6 juin 44 sur les côtes normandes. Dès lors, ils vont sombrer dans un enfer et ouvrir une « brèche » laissant cœxister deux futurs possibles. Ils devront réparer leur erreur et faire triompher le futur (pour eux présent) tel qu'il a eu lieu.

  Ce livre présente trois intérêts notables : 1/ faire revivre le débarquement et l'auteur s'est apparemment beaucoup documenté pour cela. 2/ écrire une histoire de science-fiction et présenter une nouvelle vision du voyage dans le temps, on connaît à quel point c'est un défi car les paradoxes y sont toujours nombreux. 3/ dénoncer les dérives de la télé-réalité qui est devenue omniprésente aux États-Unis et qui défraye aussi régulièrement la chronique en Europe.
Au final, on obtient un bon bouquin duquel il est difficile de lâcher prise. La fin, quant à elle, pose de nouvelles questions sur la possibilité du voyage dans le temps. Seul bémol peut-être, on aurait aimé plus de densité dans le caractère des personnages, leurs relations, ...
Remarque : ce livre ressemble étrangement au roman Les jeux de l'esprit (Pierre Boulle, 1975). Coïncidence ou plagiat ??

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