26/06/2007

LA DERNIÈRE FEMME (Jean-Paul Enthoven - 2006)

Grasset - 221 pages 
17/20   Une écriture belle comme de la dentelle 

    « Ce qui me plaît, c'est quand on met le moins de mots possible entre la rencontre et ce qui doit suivre. »
C'est le genre de phrases qui ponctuent ce livre. Chacune a, dirait-on, été ciselée dans de la dentelle. Enthoven manie avec dextérité notre langue.
Il s'amuse, pour mieux comprendre nos contemporaines, à brosser le portrait de huit femmes célèbres et disparues depuis bien longtemps déjà. On plonge ainsi dans les vies étonnantes et souvent dépravées de Zelda Fitzgerald, Françoise Sagan ou encore Nancy Cunard. L'auteur sait observer les travers de l'âme humaine et se tord également l'esprit en tant qu'homme si proche et si loin à la fois de la sensibilité féminine. Il nous fait regretter de ne pas avoir connu l'actrice Françoise Dorléac et jalouse terriblement ses amants : « Ils avaient, ils ont, le prestige des héros qui, ayant su se faire aimer ou désirer par une créature céleste, ont connu des plaisirs inaccessibles aux humaines ordinaires. »
À la fin de ces évocations, le lecteur termine l'ouvrage par une femme bien présente : l'italienne Flaminia. Enthoven se plaît à cultiver le mystère autour de cette sublime créature.
Il parvient à nous faire imaginer une rencontre plus que sensuelle uniquement à travers de fines suggestions. S'imaginant entre l'amant et le mari de cette femme, il écrit : « On est troisième larron comme Louis Jourdan était french lover dans les vieux films américains. »

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