08/10/2007

13 FRENCH STREET (Gil Brewer - 1951)

J'ai Lu - 188 pages 
19/20   Polar des années 50 à l'écriture raffinée 

    Nous sommes dans l'Amérique des années 50.
Alex Bland, archéologue vivant à Chicago et par ailleurs sur le point de se marier avec sa fiancée Madge, décide de rendre visite à son vieil ami Verne Lawrence, connu à l'armée de nombreuses années auparavant.
Prêt pour une petite semaine de repos en célibataire chez son ami qu'il n'a pas revu depuis longtemps, Alex est accueilli par la femme de Verne. La connaissant déjà pour avoir échangé de nombreuses lettres avec elle au cours des trois dernières années mais ne l'ayant jamais vue, Alex est aussitôt frappé par la beauté de cette femme brune à la peau claire.
Il sera vite mis au parfum de l'ambiance dans cette immense bâtisse retirée dans la campagne non loin d'une petite ville de province. Le couple vit avec la mère de Verne, vieille femme presque infirme. Verne, quant à lui, a beaucoup changé et a l'air éteint, totalement hanté par des problèmes d'argent dans le milieu professionnel. D'ailleurs, à peine aura-t-il accueilli son ami qu'il prendra aussitôt congé pour une semaine de déplacement afin de tenter de sauver sa situation financière. Alex se retrouve donc seul chez Verne avec sa magnifique femme ainsi que la mère.
Bien vite, malgré ses premières réticences, il succombera au charme fou de Petra. Conscient de son erreur, Alex s'empêtrera dans une passion torride, totalement aimanté par le corps parfait de cette divinité. Verne reviendra, mais toujours pressé par des affaires compliquées, il repartira aussitôt, priant son ami de l'excuser et l'invitant à rester se reposer et visiter la région en compagnie de sa femme.
Voulant quitter les lieux dès le début et refuser cette histoire d'adultère, Alex finira par se contenter de l'absence de son ami et tombera à son insu dans le piège de l'amour. Avec Petra, il vivra des moments de folie amoureuse. Il comprendra aussi la charge que représente la vieille mère pour elle, une femme quasiment sourde, peu agréable à vivre et toujours à épier son entourage.
Mais comment les amants vont-ils pouvoir assouvir leur passion ? Alex réussira-t-il à reprendre ses esprits et rejoindre sa bien-aimée à Chicago ? Pourquoi Verne ne voit rien de la réalité ? Comment ne pas devenir fou de Petra ?

  Beaucoup de questions dont les réponses seront dévoilées tout doucement à la lecture de ce petit chef-d'œuvre... Car ce livre peut paraître à première vue assez classique : un thriller autour d'une sombre histoire d'adultère. En réalité, le texte est extrêmement bien écrit, ne laissant aucun temps mort. Chaque chapitre a son utilité, aucune description inutile n'est amenée, chaque mot, chaque phrase est bien pensé. Ainsi, le texte forme une unité parfaite autour du couple Alex-Petra. Dès les premières lignes, l'intrigue se met en place et le lecteur est happé dans cet univers hitchcockien. Les ambiances décrites sont remarquables, sobres, dépouillées mais totalement efficaces. La psychologie du personnage principal est également dense et très réaliste. Bref, un bijou qui se dévore et où la tension monte crescendo jusqu'au final.
À déguster sur une musique de Herrmann évidemment !

  Extrait : « Nous sommes restés assis trois quarts d'heure devant un rôti de bœuf saignant. J'ai fait la connaissance de la mère de Verne. Pas de doute. Il y avait bien trois macchabées à cette table : la vieille, Verne et le rôti de bœuf. »

[Critique publiée le 08/10/07] 

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