07/07/2009

ON A TUÉ WILD BILL (Hermann Huppen - 1999)

Dupuis - 56 pages 
17/20   Le Far West revisité 

    Nous sommes dans l'Amérique du Far West à la fin du XIXe siècle. Le jeune Melvin Hubbard imagine sa vie future auprès de Celinda, sa petite amie. Mais une tragédie s'abat sur la famille de l'adolescente : sous les yeux de Melvin, elle et ses parents, chercheurs d'or, sont massacrés par des bandits de grand chemin.
Le jeune garçon court alors, affolé, chez ses deux oncles qui lui assurent son éducation. Sous l'emprise de l'alcool, ceux-ci sont groggy et leur état ne fait qu'amplifier le dénuement de Melvin. Il monte aussitôt son cheval pour descendre à Deadwood, le village situé en contrebas, dans une vallée de cette zone montagneuse du Dakota du Sud.
Malheureusement, ce jour-là de l'année 1876, une figure légendaire de l'ouest américain vient d'être abattue dans un saloon de Deadwood. James Butler Hickok, dit Wild Bill, a reçu une balle dans le dos alors qu'il jouait au poker. Désemparée, la population de la petite cité est en effervescence et ne prête guère attention au désarroi de Melvin...
Noyant sa tristesse dans l'alcool, il va être recueilli par un couple plein de bonté : Charlie et Louise Woodruff. Lui, joueur de poker, semble riche tandis que elle est institutrice. Mais l'orphelin va se rendre compte d'une réalité toute différente et bien plus terne. Commencera alors pour Melvin un parcours chaotique où le destin le conduira à commettre des crimes et assouvir ses besoins de vengeance.
Son rêve initial, posséder un élevage de poulets, se réalisera-t-il ?

  Hermann brosse ici un portrait réaliste de l'Amérique profonde à la fin d'une époque : celle du Far West. Il part d'un événement réel, la mort de Wild Bill, pour n'en faire finalement qu'une toile de fond à un drame bien plus personnel vécu par un adolescent en pleine construction de sa personnalité. Les aléas de la vie et de ses rencontres feront prendre à Melvin une direction pas forcément propre sur le plan de la conscience mais dans cette époque instable où pullulent règlements de compte, braquages de banque, enfer des jeux d'argent, frénésie de l'or, misère, alcool et prostitution, il essaiera de tirer au mieux son épingle du jeu comme chacun de ses concitoyens.
Le dessinateur belge ne sépare pas le monde entre les bons et les méchants mais créé des personnages aux psychologies ambivalentes, proches de la complexe nature humaine. Comme dans ses œuvres suivantes, il raconte le parcours d'un individu face à une situation dramatique où le désir de justice devient le moteur de la vie.
Le dessin est magnifique. Inutile d'écrire de longs commentaires, il faut juste admirer chaque case.
Quant au scénario, il se découpe davantage en une succession de rencontres et d'aventures pour Melvin sans forcément faire de liens entre elles ; une mini-saga en quelque sorte...

[Critique publiée le 07/07/09] 

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