04/11/2009

BLEU DE CHAUFFE (Nan Aurousseau - 2005)

France Loisirs - 152 pages 
12/20   Les dessous du monde ouvrier 

    Ce petit livre nous décrit un environnement peu commun en littérature : celui de la plomberie !
Le cadre peut paraître aride et rebutant au premier abord mais il devient le parfait écrin d'un polar social non dénué d'humour noir.

  Dan (pour Daniel) travaille chez CCRAMPS (Chauffage Couverture Rénovation Anciennement Maurice Paquez Sanitaire) et nous raconte son parcours depuis le premier jour au cours duquel il s'est fait agressé et volé son portable jusqu'à aujourd'hui.
L'auteur nous fait alors découvrir le monde ouvrier avec ses magouilles quotidiennes : vol de matériel sur les chantiers, corruption, cohabitation entre travailleurs de différentes nationalités, pression des chefs, libéralisme à outrance, etc.
Dan, devenu honnête et sérieux après avoir purgé une petite peine en prison, doit faire face à un chef qu'il décrit comme « une sale ordure pourrie à l'intérieur mais nickel à l'extérieur ». Dolto, c'est son nom, est le commercial classique qui embobine ses clients comme ses employés et qui n'a aucune mauvaise conscience à commettre des actes crapuleux. Dujardin, le directeur technique de l'entreprise, est la première victime du tyran qui lui a extorqué cent vingt patates. Désormais, il n'a qu'une idée en tête : se venger. Pour cela, il passe son temps à chercher Dolto au volant de sa voiture dans le coffre de laquelle il a planqué une Winchester. Dan, également au bord de la dépression et de la folie, poursuivra les deux compères jusqu'en Normandie.

  Si vous voulez tout savoir des cintreuses à galets et des clefs à cliquet, procurez-vous ce roman pimenté qui décrit sur un ton acerbe et dans un style nerveux les conditions de travail d'un plombier en région parisienne.
Cependant, ce récit qui possède un bon rythme général laisse une pointe de déception dans les dix dernières pages. Le dénouement est amené très rapidement et manque de détails. Ainsi, que vient faire la mère de Dolto dans ce règlement de compte ? Que devient Dan à la dernière page ? De gros points d'interrogation qui sont durs à avaler pour le lecteur attendant une fin claire et lisible, à l'image du reste du texte.
De nombreuses anecdotes en grande partie autobiographiques qui dénoncent le rythme haletant du travail ouvrier mais qui se terminent en queue de poisson au grand dam du lecteur...

[Critique publiée le 04/11/09] 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire