01/07/2011

DRUUNA | CARNIVORA (tome 4) (Paolo Eleuteri Serpieri - 1992)

Bagheera - 62 pages 
17/20   Des monstres cauchemardesques 

    Ce quatrième tome, qui se poursuit à bord du vaisseau qui a recueilli Druuna, oscille entre rêves et réalité. Les rêves retranscrivent les angoisses de la jeune femme et sont peuplés de monstres horribles. Malheureusement, ces créatures ne sont pas issues du pur fruit de son imagination car elles font aussi partie de la réalité...
Ainsi, le titre de l'album, Carnivora, fait référence à cette entité unique mais monstrueuse et aux multiples ramifications, qui semble avoir infiltré le navire intergalactique. Peu à peu, les membres de l'équipage sont capturés et stockés dans des cocons afin de servir de nourriture à la bête.
Le Doc semble être, avec Druuna, la seule personne encore sûre et épargnée par la folie qui règne dans cet univers propice à la claustrophobie.
Par l'intermédiaire de l'esprit de Shastar couplé à celui de Lewis, Druuna va recevoir des informations capitales pour sortir la navette de ce cauchemar. Elle apprendra en outre qu'elle et l'équipage sont arrivés aux confins de l'univers et y sont confrontés au mal. Celui-ci se manifeste via un miroir spatio-temporel qui renvoie à chaque individu son image négative, son double - ou « réplicant » - habité par un monstre ayant pour unique but de répandre le chaos.

  Le scénario est complexe et la première lecture peut s'avérer un peu fastidieuse. Cependant, le découpage des différentes scènes est soigné et permet, avec un peu d'attention, de démêler les rêves de la réalité, les faux des vrais humains.
Dans cet opus, Serpieri s'est davantage investi dans la représentation des monstres et certaines scènes sont absolument terrifiantes, à la limite du supportable. Le trait réaliste ne fait que renforcer la crédibilité de ces bêtes immondes et la référence au film Alien semble évidente.
Pour contrebalancer ces images effroyables, le maître italien dessine sa muse dans les postures les plus folles et excitantes. Entourée de toute cette chair contaminée, la beauté de Druuna n'en est que plus resplendissante à nos yeux.

[Critique publiée le 01/07/11] 

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