13/10/2012

TINTIN | LE SCEPTRE D'OTTOKAR (tome 7) (Hergé - 1939)

Casterman - 62 pages 
17/20   La montée des nationalismes mise en image 

    Au hasard d'une promenade dans un parc public, Tintin découvre un cartable oublié sur un banc. Trouvant l'adresse du propriétaire à l'intérieur, il se rend chez celui-ci qui s'avère être un grand professeur de sigillographie. L'étude des sceaux est la spécialité du professeur Halambique qui compte se rendre en Syldavie pour étudier celui du roi Ottokar.
Tintin s'aperçoit alors que l'historien est surveillé par des individus nourrissant de lugubres projets à son encontre. Il décide d'accompagner le professeur en tant que secrétaire personnel.
Très vite, le reporter à la houpette est gravement menacé. Il comprend alors qu'une terrible machination visant à renverser le roi de Syldavie est en préparation. N'écoutant que son courage et accompagné de son fidèle Milou, il se met en tête de rencontrer coûte que coûte le roi pour le mettre en garde.

  Hergé s'est clairement inspiré pour cet album du contexte politique de la fin des années 30. En effet, c'est en mars 1938 que l'Allemagne annexe l'Autriche et débute sa folle ascension vers la généralisation du régime nazi à toute l'Europe. Ici, l'auteur a représenté les belligérants à travers deux pays imaginaires : la Syldavie et la Bordurie. Le premier est pacifique et peu préparé à un conflit tandis que le second est très agressif et maître dans l'art de la prise de pouvoir.
L'instigateur de ce complot porte le nom de Müsstler qui est une contraction de Mussolini et Hitler, les deux dictateurs de l'époque.
Ce tome fait apparaître pour la première fois la cantatrice Bianca Castafiore qui déjà se fait remarquer pour son interprétation puissante et bruyante du fameux Air des bijoux de Gounod.
Enfin, l'album a connu une refonte complète en 1947 avec la participation de E.P. Jacobs qui a entièrement revu costumes et décors. Le résultat est extrêmement soigné et la Syldavie, visiblement située dans les Balkans, attire par ses montagnes et rivières admirables...

[Critique publiée le 13/10/12] 

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