19/11/2016

BILBO LE HOBBIT (John Ronald Reuel Tolkien - 1937)

Le Livre de Poche - 380 pages 
15/20   Roman fantastique d'apprentissage 

    Bilbo Baggins est un hobbit qui, comme tous ses congénères, vit tranquillement dans une demeure enterrée où la routine est sa religion première. Un jour, cependant, le célèbre magicien Gandalf vient lui rendre visite et le lendemain treize nains envahissent sa maison pour y partager les agapes.
Les nains, menés par leur chef Thorin Oakenshield et accompagnés de Gandalf, font chemin vers la Montagne Solitaire où le dragon Smaug s'est installé en s'emparant d'un énorme trésor qui fût le leur jadis. Ayant besoin d'un cambrioleur pour la phase finale de leur plan, ils sont venus demander l'aide de Bilbo.
Réticent au début, Bilbo accepte de quitter le confort et le calme de son village pour traverser la Terre du Milieu et affronter les plus grands dangers.

  Le hobbit apprend à manier l'épée elfique et combattre les plus vils ennemis qui vont se dresser sur son chemin comme les trolls, les gobelins, les araignées géantes ou les wargs. Il fait aussi face à un moment de solitude profonde lorsqu'il se retrouve perdu dans l'antre de l'immonde Gollum. Là, il tombe par chance sur un trésor inestimable : un anneau magique qui confère l'invisibilité.

  Écrit à l'origine pour de jeunes lecteurs, ce livre est devenu une référence littéraire classique et les enfants comme les adultes y trouveront matière à réflexion.
Le thème qui m'a le plus séduit dans cette histoire est l'évolution psychologique de Bilbo. Peureux et attaché à sa vie routinière et sécurisante au début du récit, le hobbit s'endurcit petit à petit et prend confiance en lui. Il s'ouvre aux autres et apprend à vivre avec la communauté des nains et du magicien qui l'entoure au quotidien.
Méfiants à son égard au début, malgré la confiance que lui porte Gandalf, les treize nains découvrent un personnage qui évolue au fil des épreuves et qui prend même des initiatives et des risques jusqu'à leur sauver la vie.
En ce sens, Bilbo le hobbit est un roman d'apprentissage.

  Face au succès de cette histoire, Tolkien, sur la demande de son éditeur, poursuivit en écrivant son œuvre la plus célèbre intitulée Le Seigneur des anneaux.
Le professeur d'université a créé tout au long de sa vie une véritable mythologie dans laquelle il situe ses romans et poèmes. Il a imaginé un monde, la Terre du Milieu, et inventé une langue (le quenya) en s'inspirant notamment du finnois et de l'imaginaire de ce pays : le Kalevala.

  Bilbo le hobbit a été décliné en une trilogie pour le cinéma par le réalisateur Peter Jackson entre 2012 et 2014. Le premier opus, Un voyage inattendu, est particulièrement réussi car il montre clairement l'évolution psychologique du héros.

  Enfin, notons que deux traductions françaises existent aujourd'hui pour l'œuvre de Tolkien. Celle que j'ai lue est à l'initiative de Francis Ledoux et date de 1969. Elle souffre de quelques maladresses et lourdeurs stylistiques mais a le mérite d'avoir fait connaître et rayonner le texte dans notre pays.
En 2012, l'éditeur Christian Bourgois propose une traduction entièrement revue par Daniel Lauzon. Cette nouvelle version bénéficie notamment d'une meilleure connaissance universitaire de l'ensemble des écrits de Tolkien et a pour objectif principal de rendre cohérente l'œuvre dans sa globalité et d'harmoniser la traduction des noms propres (personnages et lieux) entre les différents récits de la Terre du Milieu. Lauzon poursuit son chantier en revisitant ensuite Le Seigneur des anneaux.
Tout cela a fait naître de nombreux débats chez les passionnés de Bilbo et Gandalf. Ainsi, Bilbo Baggins, initialement appelé Bilbon Sacquet par Ledoux, s'est vu renommé Bilbo Bessac au début des années 2010 ; ce qui a semble-t-il perturbé beaucoup d'anciens lecteurs...

[Critique publiée le 19/11/16] 

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