19/11/2016

LE LOUP DES MERS (Riff Reb's - 2012)

Soleil Productions - 119 pages 
13/20   Joutes physiques et oratoires en pleine mer 

    Cette histoire débute par une traversée maritime dans la baie de San Francisco par un dandy, critique littéraire, prénommé Humphrey Van Weyden. Ce dernier prend le ferry pour rejoindre un ami afin de tenir quelques discussions intellectuelles entre philosophie et littérature.
Malheureusement, cette navigation qui aurait dû se révéler tranquille et routinière va prendre une tournure dramatique à cause d'un brouillard à couper au couteau. Suite à une collision avec un second navire, le ferry sombre en laissant ses passagers confrontés à leur propre sort.
Humphrey est projeté dans l'eau froide et retrouve ses esprits alors qu'il est à bord du Fantôme, une goélette pratiquant la pêche au phoque. À peine remis de ses émotions, l'homme de lettres apprend avec horreur qu'il est hors de question de faire demi-tour pour le débarquer. Il fait désormais partie de l'équipage en route pour les riches eaux du Japon !

  À mille lieues des échanges intellectuels dans les salons feutrés de la bonne société, Humphrey est brutalement projeté dans un monde totalement nouveau ; un univers âpre et rude où la survie est le seul objectif à court terme.
Il fait connaissance avec chaque personnalité de l'équipage, découvre les tensions entre les marins, devine qui sont les faibles et les forts, lesquels mentent pour amadouer l'ennemi et surtout se retrouve confronté au capitaine Loup Larsen. Ce dernier possède un physique hors norme : « La tête d'un roi babylonien sur un corps de titan. »
En outre, il est extrêmement cultivé mais possède une morale détestable.

  Humphrey prend ses marques dans ce microcosme très rude et devient second sur le navire. Sa relation houleuse avec Loup Larsen constitue l'essence même du récit. Leurs joutes sont partagées entre des échanges intellectuels sur les traités qu'ils ont tous les deux lus et les accès de violence physique, exacerbés par de terribles migraines, du capitaine.

  Cette bande dessinée est adaptée du roman éponyme de Jack London publié aux États-Unis en 1904.
Riff Reb's a très bien apprivoisé l'univers de London en dessinant de vraies gueules de marins et en retranscrivant fidèlement la dureté de l'univers maritime. L'atmosphère est continuellement tendue ; la violence est tapie dans chaque page, prête à bondir.
Ma réticence concerne la mise en couleur de l'album. Le dessin aurait gagné à être accompagné d'une mise en couleur directe (aquarelle, gouache, ...) ou à carrément rester en noir et blanc avec un travail au fusain sur les ombres et les lumières.
Au lieu de cela, le lecteur se retrouve face à une couleur « froide » car numérique. Dommage car cela retentit fortement sur la qualité finale de l'œuvre !

[Critique publiée le 19/11/16] 

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