03/09/2017

BLAKE ET MORTIMER | LA MARQUE JAUNE (tome 6) (Edgar P. Jacobs - 1956)

Blake & Mortimer - 70 pages 
20/20   Un album mythique ! 

    Le récit débute par une sombre nuit à la Tour de Londres où les soldats de la garde découvrent avec stupéfaction le vol de la couronne impériale. Pourtant étroitement surveillée, celle-ci s'est évaporée ; seul un mystérieux « M » tracé à la craie jaune demeure désormais dans la salle du trésor.
Sous la pression du gouvernement, le capitaine Blake est sollicité pour mener l'enquête. Il s'adjoint alors les services de son ami Mortimer.
Malheureusement, les méfaits de la Marque Jaune ne s'arrêtent pas là : le professeur de médecine Vernay est enlevé en sortant d'une soirée au Centaur Club avec nos deux héros ainsi que d'autres sommités. Ces dernières, composées du rédacteur en chef Macomber, du juge Calvin et du psychiatre Septimus, se volatilisent également sans laisser de trace.

  Tandis que Blake s'efforce de faire avancer l'enquête avec Scotland Yard, le professeur Mortimer fouille dans les archives du Daily Mail à la recherche d'une ancienne affaire liant les quatre personnalités disparues. Son intuition s'avère juste lorsqu'il découvre la polémique qui a entouré la publication du livre The Mega Wave une trentaine d'années plus tôt. Son auteur, le Docteur Wade, avait été assassiné par la critique et ses théories sur le contrôle du cerveau humain rendues farfelues par la communauté scientifique.
La clé du mystère réside dans cet ouvrage et Mortimer est le premier à comprendre qui se cache derrière la Marque Jaune. Malheureusement, durant ce temps, son ami Blake est tombé dans un terrible traquenard tendu par la mystérieuse créature dans le brouillard des docks londoniens...

  Cet album de Blake et Mortimer est considéré comme une référence absolue en matière de bande dessinée franco-belge.
Le scénario est parfaitement huilé, équilibré et plonge le lecteur dans la brume de Londres, ce qui confère encore davantage de mystère au diabolique personnage qui sévit de façon surhumaine aux quatre coins de la cité britannique.
À noter que Jacobs a été influencé par le cinéma expressionniste allemand du début du XXe siècle qui est à l'origine des genres fantastique et horreur dans le 7ème art. Septimus est l'archétype même de l'être maléfique maintes fois représenté à cette époque au cinéma. Je pense au savant fou dans Frankenstein ou au meurtrier dans M le maudit notamment.

  Côté graphique, que dire ? C'est de la dentelle.
Le maître belge excelle dans sa représentation de Londres. Sa documentation rigoureuse sur les lieux visités par les différents personnages de l'histoire en est l'une des raisons. Le dessin est clair et précis, les décors et automobiles soigneusement retranscrits. Le déplacement des personnages dans une scène, les dialogues, les costumes rappellent évidemment la dimension théâtrale qui anime l'auteur, ancien baryton à l'opéra de Lille, lorsqu'il dessine.
La Marque Jaune est un modèle de fluidité dans la lisibilité et de rythme parfait du scénario. Sans compter l'ambiance incroyable et le charme indémodable que ce chef-d'œuvre renfermera toujours...

[Critique publiée le 03/09/17] 

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