10/05/2020

L'HOMME QUI S'ENVOLA (Antoine Bello - 2017)

Gallimard - 318 pages
12/20   Un livre convenu

    Walker est à la tête d'une entreprise de livraison de colis florissante dans le Nouveau-Mexique. Passionné d'aviation, il est marié à Sarah, une femme ravissante et intelligente, père de trois magnifiques enfants et extrêmement riche.
Seulement, malgré le succès et l'argent qui met à l'abri ses enfants et futurs petits-enfants, Walker est frustré ; l'essentiel lui manque : le temps. Ses responsabilités professionnelles, sa famille et ses multiples autres obligations dévorent ses journées. Pour lui, le temps est synonyme de liberté. Et il ne s'achète pas !

  Ce qui au début n'est qu'une lubie devient un plan précis et sérieux : il va mettre en scène sa disparition pour quitter définitivement son quotidien pesant et recouvrir la vraie liberté essentielle à son épanouissement.
Aux commandes de son avion Turboprop, il met le cap sur une chaîne de montagnes voisine et saute de l'appareil en parachute quelques instants avant la terrible collision.
Les dés sont jetés, il ne peut plus reculer. Alors que sa famille doit faire face au terrible chagrin et à l'organisation des funérailles, Walker fuit dans la nature en ayant pris soin au préalable, par un habile montage financier, de se constituer une rondelette somme d'argent sur un compte bancaire étranger.

  Évidemment, l'assurance ne classe pas l'affaire sans preuve de sa mort et, afin d'éviter de payer un dédommagement considérable, engage un détective pour enquêter sur la disparition du riche entrepreneur. Nick Shepherd est mandaté pour mener à bien cette mission. Particulièrement expérimenté, il découvre rapidement que Walker est vivant grâce aux colossaux moyens de recherche qu'il engage.
La traque commence alors à travers les États-Unis...

  Ce roman commence honnêtement : un héros digne de Largo Winch nous est présenté. Cela n'a rien d'étonnant dans une Amérique où il est de coutume que certains réussissent bien plus que d'autres. Pour ce Walker, tout semble ainsi parfait : l'argent, l'amour, la famille. Bref, même les personnages de Santa Barbara ou Amour, gloire et beauté semblent galérer à côté. Seulement, Antoine Bello brosse des portraits assez superficiels et convenus. Les acteurs de son histoire manquent de profondeur et de densité.
Rapidement, la disparition est amenée et la traque est lancée. Soyons honnête, certaines pages de la course-poursuite sont prenantes et bien rythmées. Le lecteur est avide de poursuivre l'aventure pour en connaître le dénouement.
Mais la fin m'a déçu. Je m'attendais à une réelle confrontation entre les protagonistes principaux que sont Walker, Sarah et Nick dans la seconde partie du récit. J'aurais voulu une conclusion plus pimentée, plus surprenante.

  Bref, le thème initial de la disparition volontaire est passionnant, troublant, excitant ; mais cette idée si riche et prometteuse n'est pas suffisamment exploitée. L'auteur manque cruellement d'imagination.
Quant au style littéraire, il est inexistant. L'écriture est plate, informe. Seul le rythme des chapitres a été soigné. J'ai connu bien mieux chez Gallimard !
Antoine Bello a aussi quelques manies qui transparaissent dans son texte : l'informatique le passionne et lorsque Walker doit accéder à Internet en toute discrétion, le lecteur apprend quel modèle précis d'ordinateur il achète (taille de la mémoire, marque du processeur, ...) ainsi que le nom du navigateur qu'il utilise pour ne pas se faire repérer. Ces détails sont assez dispensables et semblent rajoutés principalement pour montrer les connaissances de l'auteur en la matière.
Enfin, la chute est un peu légère. Cette conclusion à l'eau de rose ne m'a pas emballé et m'a rappelé les romans surfaits de Marc Levi ou Harlan Coben...

[Critique publiée le 10/05/20]

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